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De la joie de retrouver ses premières amours

Vendredi 12 juin, après des semaines à rester chez moi, à réinventer ma manière de travailler, à tisser de nouveaux fils, j'ai enfin franchi le cap...je suis sortie, pas uniquement pour l'approvisionnement alimentaire nécessaire; je suis allée dans mon beau palais, le lieu de mes rêves étant enfant, le monument dans lequel j'ai décidé de devenir guide-conférencière (même si ça ne s'appelait pas comme ça à l'époque)...


Ouiiii, la maison de Loulou, le château du Roi-Soleil! Joie et extase!



Et si nous passions à travers la serrure? Poussons la porte dorée de la cour d'honneur. Pénétrons dans ce haut-lieu de l'Histoire de France. Ce bel endormi qui a profité des quelques semaines de fermeture inopinée pour se faire bichonner.


Je vous emmène ici non pas en visite dans les Grands Appartements du château de Versailles (j'espère vous y emmener bientôt!), mais à la découverte de détails que même moi, qui ai été agent d'accueil et de surveillance pendant deux mois il y a fort longtemps durant mes études et qui fait des visites des Grands et des Petits Appartements, je n'avais pas remarqués...ou oubliés (difficiles de s'en souvenir ou de les voir dans les conditions habituelles de gavage du site!).



Cet article est en quelque sorte l'expression de joie d'un enfant retrouvant son joujou!


Avant même d'entrer dans les Grands Appartements, je suis surprise de l'absence de file d'attente. D'ordinaire, au mois de juin, il y en a pour deux bonnes heures, même en ayant déjà un billet (sans visite guidée).

Or, là, non. Rien du tout. Il est vrai que tout visiteur doit avoir un billet horodaté (il était plus que temps d'opter pour cette solution, il aura fallu cette crise sanitaire pour y arriver!), ce qui fluidifie considérablement les flux...réduits à peau de chagrin par l'absence des touristes étrangers!

Il suffit de suivre le roi soleil pour trouver l'entrée (mais que c'est ingénieux!), et d'avancer masqué...pour que les portes s'ouvrent à vous!


Et une fois qu'elles sont ouvertes, c'est un bonheur intense! Alors bien sûr, en semaine, ce bonheur est d'autant plus intense...en week-end, il doit y avoir plus de public. Mais c'est tout de même incroyable!

Voici un florilège des ces (re)découvertes dans le château silencieux de Loulou. Silencieux, oui, car il y avait comme une sorte d'obligation au silence, une forme de recueillement...ou mieux, une émotion commune de pouvoir partager un moment étonnamment calme dans l'un des monuments les plus visités du monde.

Qui, en visitant ces lieux, a pris le temps de contempler ses merveilles? Depuis quand n'avais-je plus constaté le raffinement des ces décors?

Oui, ils sont chargés, c'est sûr. Ils ont été construits pour souligner la gloire du maître des lieux, à grands coups de dorures. Mais quel travail époustouflant!

Louis XIV en imperator est ravi de souffler un peu, sous les ors du plafond de Vénus.





Je n'avais plus pris le temps de lever le nez, et d'apprécier le travail des peintres pour les plafonds depuis trop longtemps... grand bien m'en a pris: cet Apollon sur son char est lumière.





Dans le salon de Mars, salle des gardes et salle de bal occasionnelle, les détails des putti dorés sont exquis. Ces petits angelots joufflus et potelés suivent nos pas d'une salle à l'autre, et se renouvellent sans cesse.


Et dire que j'avais oublié la présence de ce superbe Enlèvement de Proserpine, miniature en bronze de la statue de Girardon créé pour les jardins et le bosquet de la Colonnade!




Célèbre parmi les célébrités versaillaises, la Galerie des Glaces resplendit à nouveau depuis quelques années déjà. Mais privée de ses hordes de selfistes, elle renoue avec son éclat. Entendons-nous bien: je vis du tourisme, mais il me semble que parfois, trop c'est trop. J'espère vraiment que cette crise sanitaire mènera à une réflexion profonde sur la conservation du patrimoine et la mise en valeur de celle-ci de la manière la plus adéquate, pour tous.

Retour à la Galerie. La circulation y laisse un gros tiers central totalement vide, ce qui permet à chacun d'en apprécier les dimensions exceptionnelles et l'architecture et la décoration remarquables.

(Oui, nous avons cédé à l'appel de "l'autoportrait-preuve qu'on y était". Honte sur nous! Mais franchement, c'était vraiment, vraiment, trop tentant!)


Détour obligatoire vers la Chambre du Roi, qui ne me retient jamais très longtemps. Je ne sais l'expliquer.


En revanche, je m’appesantis volontiers sur la frise du jeu des enfants du salon de l’Œil-de-Bœuf. J'ai toujours aimé cette pièce. J'aime le portrait collectif de la famille de Louis XIV sous les traits des dieux et déesses de la mythologie. J'aime sa luminosité. J'aime aussi et surtout sa frise légère d'enfants-putti jouant tout autour de la voussure du plafond. Je vous l'ai dit, les putti joufflus sont partout! Les avez-vous vus sur les torchères de la Galerie des Glaces? Non? Regardez mieux!



Passant dans l'appartement de la Reine, je réalise que je n'ai plus prêté attention à certaines salles depuis trop longtemps. Lors des visites, ce couloir est le plus bouchonné, car les salles y sont un peu moins grandes que du côté du roi, mais aussi parce que c'est la chambre de la Reine qui fait fantasmer les foules!


Le Salon de la Paix très récemment restauré est absolument superbe. Encore une fois, j'avais oublié de lever le nez depuis si longtemps!!

Et ces bustes sur la cheminée!

Décidément, quand on se laisse surprendre, quand on le peut aussi, les Grands Appartements nous offrent de multiples beautés, et surprises.




Quant à la chambre de la Reine, son nouvel éclairage lui rend sa splendeur passée.

Je ne me lasse jamais de contempler cette "petite boîte à bijoux", comme je la nomme...oui, oui, je parle bien de l'énorme meuble en bois marqueté de bronze que vous voyez derrière le lit!

Lors de cette visite, émotion indescriptible de voir, pour la première fois, les jeux de miroirs du côté des fenêtres: réflexion du décor qui habille soudainement ce miroir qui présente une pendule sous le portrait de Louis XVI!



Alors oui, je parle d'émotions à tout bout de champs dans cet article...ce n'est pas le rôle d'une guide-conférencière...mais c'est bien l'avantage du blog! Sortir de ma réserve professionnelle pour parler de ce qui m'émerveille, ce qui m'anime, qui fait que j'ai choisi ce métier de transmission.


Pour finir cette immersion dans un château de Versailles quasi-désert, dans le monde merveilleux de Loulou et ses successeurs, l'une de mes pièces favorites! La salle des Gardes de la Reine.



Il s'agit sans doute de l'une des pièces les plus méprisées par les visiteurs, car il n'y a pas de meubles, car elle sert surtout de passage, mais je l'ai toujours aimée. Je l'aime car elle n'a jamais été modifiée depuis l'aménagement initial de l'appartement de la Reine, dans les années 1670. Parce qu'elle donne à voir la pureté du décor de marbre d'origine. Parce qu'elle est humble en comparaison des appartements surchargés d'ors qui la précèdent.



Et voilà que je découvre, à un endroit où je ne l'y avais jamais vu, un vase représentant des satyres! Mais enfin, comment ai-je fait pour ne pas le voir?? A-t-il pu être placé ici, précisément parce que la circulation est balisée, bien plus qu'à l'accoutumée? En tous les cas, j'en suis ravie, c'est une belle pièce!

En levant le nez, encore, j'ai vu au plafond, dans les quatre angles, la mise en scène que je connais bien dans l'escalier de la Reine (inaccessible actuellement), et qui existait dans l'escalier des Ambassadeurs: de petits personnages, en costume de cour, nous regardent depuis la balustre du plafond. Mise en abîme exquise du regardeur regardé... ou plutôt ici, du regardé regardeur, puisque la Cour était une immense scène de théâtre où chacun jouait son rôle!


Ce retour au château de Versailles m'a mise en joie, m'a redonné du courage et de l'allant pour les mois à venir, et, je l'espère, vous a donné envie de venir y faire un tour!


A très vite pour de nouvelles découvertes, et de nouveaux émerveillements,


Mélanie


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