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Les petits privilèges de conférencière...

Je parle très souvent du château d’Ecouen, peut-être trop...

"Mon château", comme je le nomme parfois, m'a en quelque sorte vu "naître" quand j'ai décidé de reprendre mes études pour obtenir la carte qui me permettrait de faire le métier pour lequel je savais être faite.


Pour devenir guide-conférencière, il faut obtenir la carte, certes, mais pour intégrer l'équipe dans certains musées il faut aussi passer une épreuve orale souvent nommée habilitation ou accréditation.

J’ai passé mon accréditation à Ecouen durant ma formation, n'étant pas encore "cartée", il m'était impossible de travailler au château. J’y ai donc réalisé mon stage pour continuer à me former en attendant d'être diplômée.


Une fois le sésame en main, j'ai rejoint les rangs de la RMN (Réunion des Musées Nationaux) qui est en charge des visites guidées dans le musée, depuis nous ne nous sommes jamais quittés.



Une intimité et une complicité se sont créées avec toute une équipe et le lieu.

Au fil des années, j’ai pu participer à des instants privilégiés comme:


Être interpellée dans les salles avec un "Nous venons de sortir la boîte à déchiffrer de la vitrine, vous voulez la voir"... Un peu que je veux oui ! Je ne raterais ça pour rien au monde, un objet sorti de sa vitrine et en observation sur le bureau du conservateur. C'est un sentiment mélangeant joie et appréhension de pouvoir toucher et manipuler un objet d'une si grande beauté et inaccessible normalement. C'est aussi un moment d'échange très riche pour en apprendre davantage sur les recherches, interrogations et restaurations en cours.


Voir des œuvres partir pour de beaux voyages et être présentées lors d'expositions en France ou à l'étranger. J'ai assisté au retour de la Cène de Marco d'Oggiono qui fut exposée lors de l'exposition Léonard de Vinci au Louvre. On découvre le monde de la régie d'oeuvre (tous ceux et celles qui approchent les œuvres au plus près pour les décrocher, emballer et déplacer). La voir couchée au sol face contre terre est un sentiment étrange, j'étais partagée entre la joie de la retrouver et l’inquiétude d'entendre les bruits de l’agrafeuse qui permettait de la tendre sur son châssis avant de retrouver sa place sur le mur de la chapelle.


C'est un lien presque viscéral qui se développe. Je suis sollicitée à chaque temps fort de la vie du château. Des rencontres sont régulièrement organisées pour nous présenter les exposions temporaires, les nouveaux accrochages, les œuvres sorties des réserves pour être montrées au public durant une présentation temporaire.

Je ne vous cache pas nos émois quand le conservateur, lors de la présentation du mobilier, avec le regard taquin, nous lance « j’ai pris les clés, vous voulez voir l’intérieur des armoires? », la réponse est un grand « oui » général suivi d’une ruée collective vers le meuble concerné avec des yeux d’enfants écarquillés.



J’ai même eu l’honneur que l’on sorte une œuvre des réserves rien que pour moi (d’accord, j'exagère un peu) ! Alors que la présentation dans certaines salles était en cours d’installation avec des vitrines vides, je préparais une thématique spéciale de visite autour du soin et de la représentation du corps à la Renaissance. Le musée a eu l’idée de présenter très temporairement un modèle anatomique d’une femme enceinte. C’était fascinant !


Tous ces petits moments de bonheur nous enrichissent et font que chaque guide-conférencier/conférencière est unique. Nous avons tous et toutes nos petits "dadas", des liens particuliers avec certains sites qui nourrissent nos approches et parcours de visites.


Croyez-moi, même durant ces instants nous pensons à vous pour vous transmettre nos trouvailles, nos découvertes et voir vos réactions. Ce partage, qu’il soit avec des spécialistes ou avec vous, est mon petit moment de bonheur préféré !


Aurélie







 

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