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Road trip étape 1

Cette année, l’activité professionnelle étant en berne, j’en profite pour visiter la France. Ça tombe bien, c’est le mot d’ordre du gouvernement pour relancer l’économie du tourisme. #cetétéjevisitelafrance avec les #guidesconférenciers


Première étape: Poitiers. Je suis déjà passée dans cette charmante ville il y a quelques années. Et décidément, cette ville est charmante. À part les marches pour aller de la gare au centre ville en traînant sa valise....par 35 degrés. Mais bon, je ne lui en tiens pas rigueur, car elle abrite vraiment quelques petites merveilles.


D’abord, la superbe église Notre Dame la Grande, pas si grande que ça mais dont la façade est un pur joyau de sculpture romane. Construite principalement du XIe au XIIe siècle, elle se dresse sur une petite place entourée de demeures anciennes, dans le centre entièrement piéton. La première fois que je l’ai vue, à la lumière du soleil couchant, la pierre blanche prenait des teintes mordorées tout à fait surprenantes, et lui avaient conféré une aura spéciale. Cette fois-ci, sous la lumière éclatante et une chaleur écrasante, les volumes des statues se dessinent différemment... et la fascination ne dure qu’un instant, car la petite placette qui se trouve juste devant est littéralement écrasée de chaleur.


Tout près de là, se trouve le palais des comtes de Poitiers, lieu hautement historique, dont les origines remontent à l’époque gallo-romaine. Il fut aussi palais ducal d’Aquitaine, bien sûr. On passe ainsi du roman poitevin au gothique angevin, en matière d’architecture. Nouveau témoignage de la richesse historique et culturelle de la région. Le bâtiment a d’abord été construit pour Louis le Pieux, fils de Charlemagne, roi d’Aquitaine avant de succéder à son père, puis a subi des modifications majeures.



Mais l’élément le plus remarquable de cet édifice, qui était jusqu’en 2019 le siège du palais de Justice de Poitiers, c’est la tour Maubergeon. Ce donjon construit par Guillaume IX d’Aquitaine, dit le Troubadour, a pris ce nom en souvenir de Mauberge, ou Amauberge, épouse d’Aymeric de Châtellerault, pour laquelle le duc d’Aquitaine n’a pas hésité à quitter sa femme, contre l’avis de l’Eglise. C’est d’ailleurs lui qui la surnomme la Dangereuse ou Maubergeonne après l’avoir enlevée, en référence à son charme.

Ici, ce sont les fenêtres gothiques qui se mettent en scène, sur un donjon étêté, dont même les statues ont perdu la tête.


Dressée au beau milieu d’une petite rue piétonne, cette construction massive ne se dévoile pourtant pas d’un coup...il faut avancer tranquillement pour en voir la totalité, sagement installée dans un square.


Aucune inquiétude à avoir pour celui qui découvrirait Poitiers: tous les monuments sont indiqués par des panneaux touristiques très bien faits, signalant aussi le temps de déplacement vers un point ou un autre.



Les fans de maisons et hôtels particuliers anciens pourront à leur guise se repaître de magnifiques façades, à colombages ou en pierre de taille...du Moyen Âge ou du XVIIe siècle, il y en a vraiment pour tous les goûts! Et moi, j’adore que ces styles soient totalement mélangés (comme c’est le cas un peu partout en général, me direz-vous...)!


On voit nombre de ces petites merveilles en descendant la Grand’rue. Qui, comme dans la plupart des villes, était l’endroit idéal pour avoir pignon sur rue. Notez que là encore, des panneaux explicatifs sont apposés sur les façades remarquables, précisant les dates de construction, style architectural et éventuellement commanditaire du bâtiment.

J’ai d’ailleurs emprunté cette rue pour rejoindre la cathédrale de la ville, qui se situe en contrebas. Eh oui, Poitiers, c’est pas plat! Ça monte et ça descend, ça se mérite (surtout quand on a des courbatures atroces dans les cuisses...)

Bref, revenons à nos moutons, ou plutôt à la cathédrale Saint Pierre de Poitiers. Moins connue que son illustre voisine (Notre Dame la Grande), elle a été construite à l’initiative d’Alienor et de Guillaume II Plantagenêt. Gothique angevin pour le style, elle est assez originale avec ses deux tours inachevées...et je dois bien dire que la largeur de cette façade m’a posé des soucis photographiques...à vous de juger!


À ma décharge (même si je ne suis pas une photographe accomplie), la petite place devant la cathédrale n’offre pas un recul extraordinaire pour que l’appareil en saisisse la totalité...mouais, enfin voilà quoi...



L’intérieur de la cathédrale offre quelques décors originaux, tels ces saints ou apôtres qui flanquent les colonnes de la nef, moitié peints moitié sculptés.


Si si, regardez bien, leurs têtes sont en volume, alors que leurs corps plats sont peints sur le départ des voûtes. Je n’ai jamais vu ça ailleurs!


La luminosité de la cathédrale est assez reposante, et les voûtes bombées du chœur très étonnantes.

En somme, poussez la porte de Saint Pierre de Poitiers, et laissez-vous surprendre comme je l’ai fait!



Enfin, là où la surprise a été la plus complète, c’est au musée Sainte-Croix, à quelques pas de la cathédrale, dans un bâtiment pour partie ancien et pour partie moderne.


En entrant, après voir reçu et appliqué les nouvelles règles de visite COVID free, la dame à l’accueil me souhaite une bonne longue visite. Vraiment, j’ai un peu ri intérieurement, car quand on me dit qu’un musée de province est grand, bah je l’avoue, je ris.

Je n’aurais pas dû! Aucune comparaison avec le Louvre, bien sûr (et tant mieux), mais ce musée offre véritablement une surface d’exposition des collections permanentes très étendue et permettant d’aborder une période très vaste.


La première section concerne l’archéologie préhistorique, et se défend. Puis, une longue et riche section aborde la sculpture romane. Les chapiteaux m’ont fascinée, comme toujours!


Viennent ensuite les Beaux-Arts, c’est-à-dire dans ce musée, les peintures et sculptures à partir de la Renaissance. Il y a beaucoup d’œuvres, variées, mais je dois avouer que ce qui m’a le plus attirée, ce sont collections modernes. Je ne m’attendais absolument pas à voir une œuvre de Gustave Moreau, un joli Odilon Redon, une œuvre de jeunesse de Mondrian, une superbe plage d’Albert Marquet ou des sculptures de Maillol et Max Ernst!


Le clou du musée, ce sont les quelques œuvres et photos de Camille Claudel. J’ai vraiment été éblouie par ces petits bronze. Certains sont très connus, mais d’autres ont été une totale découverte, pour ma part.

Les photos de Camille sont toujours émouvantes, qu’elle soit en train de sculpter, avec sa famille ou à la fin de sa vie, à l’asile.




Vraiment, voilà une petite ville bien agréable, qui offre énormément de monuments qui valent le détour, et un musée d’une grande richesses!



Le périple est encore en cours...les articles suivront. À suivre donc!


Mélanie

 

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