• Visites au fil de l'Art

Une bouffée d'oxygène au bout de la ligne du RER

Le retour des beaux jours et la nature qui se réveille doucement (avec un peu d'avance !) donnent envie de sortir et parcourir des lieux inconnus.

Vous pourriez me dire que l'hiver est aussi une belle période pour découvrir des paysages glacés et époustouflants. Vous avez entièrement raison mais je suis moins équipée pour faire face à ce froid, je me rattraperai l'hiver prochain !

Par une belle journée de fin février, motivée par une envie de souffler, de mettre au vert, me voilà partie pour le terminus du RER B, direction Saint-Rémy-Lès-Chevreuse dont on m'a vanté la beauté.


Je ne fus pas déçue ! J'ai pu découvrir le charme des lieux, la Vallée de Chevreuse est un endroit magnifique où venir se promener. On y retrouve une diversité des paysages entre la forêt, les champs et les villages. On se laisse bercer par le chant des oiseaux et la luminosité fait jouer les couleurs de la terre, de la végétation et du ciel chargé de nuages. Toutes ces teintes contrastent entre-elles. Les arbres, dont les ombres se dessinent au sol, créent des rythmes et de beaux effets visuels. En un mot, la magie opère ! On souffle, se ressource et s'oxygène.

Plusieurs fois je me suis crue dans des tableaux des impressionnistes, j'ai aussi pensé aux paysages de Braque à la fin de sa vie même si on est loin de leurs destinations de prédilection.

Ce parcours a aussi réservé de très agréables surprises, une conférencière est toujours à l'affut d'une trace du passé rappelant l'Histoire, de vieilles pierres… pour faire bref, de tout, un rien m'émerveille.

Dès mes premiers pas, je me trouve face à face avec une fonderie, la fonderie de Coubertin !

Le lieu est présenté comme une simple ferme fortifiée dans le tracé de la randonnée. Comment ça, " une simple ferme fortifiée" !? Beaucoup de caractère et de prestance se dégage du site.

Au loin dans l'allée centrale une magnifique demeure bourgeoise se devine.

Je m'approche et observe le plan. Le domaine est immense et divisé en plusieurs espaces : le château, le hameau, le parc et les ateliers.

Et ce nom : Coubertin… Ca me parle… Mais où, quand, comment ? Ah oui, c'est la restauration de la grille royale de Versailles, le bosquet des 3 fontaines du petit parc ! En ces murs à Saint-Rémy-lès-Chevreuse se retrouvent des métiers d'art (la Fonderie de Coubertin et les Ateliers Saint-Jacques) réunis grâce à la Fondation de Coubertin. Les ateliers sont sollicités pour leur savoir-faire (métallurgie, ferronnerie, marqueterie, ébénisterie et taille de pierre) dans le monde entier pour des restaurations et des créations ! Quelle frustration de ne pas pouvoir y accéder car le château semble être le musée !! Ma curiosité piquée à vif et non rassasiée car le lieu est actuellement fermé au public, je n'ai qu'une certitude, j'y reviendrai.


Je poursuis ma route, quelques sentiers plus loin, un panneau attire mon attention "Château de Méridon". Ah ! Je ne le connais pas celui-là (comme beaucoup d'autres d'ailleurs ! ). Je remonte une allée, j'aperçois des grilles, elles sont aussi malheureusement fermées.

Une élégante rangée d'arbres ouvre une perspective menant le regard sur une surprenante façade en meulière et pierre blanche. L'architecture est un savant mélange de gothique et de style Renaissance, ce que l'on nomme le style néo-renaissance. Il est possible de distinguer des tourelles, des fenêtres à meneaux. C'est apparemment une résidence privée destinée à la location pour des évènements divers. Ni une, ni deux, merci la technologie, je fais quelques recherches.

Le fief et la présence d'un hôtel sont attestés depuis le XIIIe siècle. Le bâtiment a connu des états de délabrement au rythme de la succession des propriétaires. Cette sublime demeure est une reconstruction à l'emplacement de l'ancien château, elle date de la fin du XIXe siècle alors que le propriétaire est le directeur du Crédit Foncier. Que d'histoires et de bouleversements se sont déroulés ici, aujourd'hui tout y est luxe, calme et volupté…

Après avoir traversé des champs, croisé des oiseaux bavards, des moutons et une station de radioastronomie, je me retrouve sur un sentier au tracé bien dessiné.


En regardant le plan, je vois que le chemin me conduit directement à la gare de Saint-Rémy-Lès-Chevreuse. J'ai gravi un talus traversé par un tunnel, passé sous un pont de pierre. Ne serait-ce pas une ancienne ligne de chemin de fer réaménagée ? La lumière de fin d'après-midi adoucit l'atmosphère de ce décor végétal. Ces voies sont beaucoup plus fréquentées, les échanges de "bonjour" entre promeneurs sont agréables. Un panneau soulève mes interrogations et confirme que je suis bien sur une ancienne voie ferrée. Il s'agit de l'ancien tronçon, à l'époque où la ligne B s'appelait la ligne de Sceaux puis la ligne de Paris-Luxembourg à Limours. Cette ligne fut ouverte au milieu du XIXe siècle et desservait Sceaux sur une branche et Orsay sur une autre puis, plus tard, Saint-Rémy-lès-Chevreuse jusqu'à Limours. Ce parcours, entre Saint-Rémy-Lès-Chevreuse et Limours fut considéré comme peu rentable, abandonné en 1939 puis aménagé en voie verte pour les randonneurs et les cyclistes. Le chemin parait assez étroit pour un réseau ferré, il s'agissait d'une voie unique. Je ne peux m'empêcher d'imaginer les trains et les voyageurs de ce temps passé empruntant ce trajet. Qui étaient-ils ? Comment occupaient-ils leur temp de déplacement ? Me laissant porter par mon imagination, me voici revenue à mon point de départ, la gare… Et hop, à mon tour, je suis bercée par le ballottement et le son du train sur ses rails.

Je repars les poumons regonflés à bloc et les jambes sciées mais des rêves de nouvelles découvertes dans cette belle vallée plein la tête.


A bientôt pour de nouvelles péripéties,

Aurélie





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